J’aimerais

 

J’aimerais écrire un roman…

J’aimerais écrire un roman qui sente bon la lavande séchées et les vieux meubles cirés ; un roman qui se décline dans des couleurs délicates, un peu passées ; un roman dont les parquets craquent et les volets grincent ; un roman où le temps s’arrête un moment, à l’ombre de chênes centenaires ; où le temps s’attarde entre les pages d’un rêve ; un roman fort et délicat tout à la fois ; un roman qui vous prenne aux tripes, qui vous remue, qui vous inspire ; un roman qui parle de paix, qui parle de ce qu’il y a de beau en nous, de ce qui nous rassemble, de ce que nous avons en commun, au-delà des clivages de toutes sortes. Un roman trait d’union. Un roman évasion.

J’y mettrais des tas de petits détails délicieux, des choses minuscules que personne ne voit, que personne n’entend, que personne ne sent, jamais ; des choses en apparence inutiles, mais qui pourtant donnent à la vie toute sa saveur.

J’y mettrais des histoires du cœur ; du cœur qui vibre et parfois se déchire ; du cœur des mères, tout pétri de tendresse ; du cœur des enfants devenus grands, de ceux qu’on a exilés de l’enfance, à jamais inconsolables. J’y mettrais des histoires de mains qui s’étreignent dans l’adversité, de mains qui s’apaisent dans l’obscurité ; de mains qui se disent tout ce que les mots ne disent pas, quand les yeux en disent long.

J’y mettrais un peu de moi, beaucoup de moi ; je m’y mettrais toute entière.

Et j’aurais l’impression d’avoir laissé une trace,

une humble trace,

une jolie trace,

en ce bas monde ;

un peu comme celui qui s’emploie à semer des fleurs sur le bord du chemin…

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(Crédit photo)
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À la recherche d’un monde perdu

 

On a parfois besoin de s’éloigner du bruit pour partir à l’écoute de sa voix intérieure…

J’ai laissé la mienne me raconter des histoires d’autrefois ; des histoires de mondes qui se rencontrent, qui se côtoient, qui se mélangent, qui se déchirent ; des histoires de convivance séculaire et d’intransigeance ; des histoires de ce qui aurait pu être, si on l’avait voulu, si certains représentants du genre humain n’étaient pas si butés ; des histoires d’exil et de nostalgie, mais aussi de résilience ; des histoires qui s’écrivent en plusieurs langues et parfois même dans des langues clandestines, sur de vieux manuscrits que l’on retrouve cachés dans d’épais murs de pierre ; des histoires d’empreintes aussi, laissées de part et d’autre de la Méditerranée.

Loin de l’agitation de ce monde qui me désole et m’épuise, j’écoute les récits d’un monde qui n’existe plus, et qui pourtant aurait beaucoup à nous apprendre sur le monde d’aujourd’hui ; et je nourris le projet fou de le faire revivre, ce monde disparu, de lui redonner forme et voix, l’espace de quelques pages, de quelques chapitres – que je rêve bien ficelés, bien écrits, soigneusement ciselés.

Tout en redoutant ma propre inconstance !

Projet après projet, j’ai l’art de m’embraser en mille petits feux de paille. Mais celui-ci semble briller un peu plus que les autres, et m’a déjà amenée là où je n’étais encore jamais allée dans mes multiples tentatives littéraires. Une trame se tisse au fur et à mesure de mes recherches, des personnages se précisent tout doucement, des scènes s’imposent. Un univers se dessine et c’est fascinant !

Peut-être ce projet retournera-t-il au silence d’où il est sorti, comme tant d’autres avant lui ? Ou peut-être parviendrai-je cette fois-ci à le mener à bien ? Quién sabe ?

Pour le moment, j’en savoure la phase préparatoire, les longues heures de recherche et de lecture, les découvertes, les zones d’ombre qui s’éclairent. C’est une tâche de longue haleine, mais ô combien passionnante  ! Je me dis que même si je n’atteins pas la destination que je me suis fixée, le voyage en vaut la peine…

 

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Une semaine en écriture #3

 

Profitant d’une petite plage de liberté dans son emploi du temps, Blanche décide de se lancer dans l’écriture du roman dont elle a toujours rêvé. Mais elle est très vite rattrapée par ses obligations familiales et professionnelles, et se voit sans cesse contrainte de laisser son projet en suspens… (Les épisodes précédents se trouvent ici et ).

*****

Le vendredi matin, Blanche dû d’abord emmener sa mère à la gare avant de pouvoir rentrer chez elle se ruer sur son ordinateur. Elle avait hâte de reprendre ses réflexions là où elle avait dû les laisser la veille. Elle sentait qu’il fallait y mettre un peu d’ordre. De cabine d’essayage en cabine d’essayage, elle avait eu tout le temps d’y penser tandis qu’elle attendait que sa mère se décide entre deux pièces de tissus, et elle avait fini par se dire qu’elle s’était légèrement emportée.

C’était bien beau d’avoir le champ libre et de pouvoir partir dans n’importe quelle direction, mais est-ce que c’était bien là ce dont elle avait envie de parler ? Est-ce qu’elle avait vraiment envie de raconter les aventures extraordinaires d’un personnage tout aussi extraordinaire ? Les bibliothèques regorgent d’histoires fantastiques, mais combien de livres racontent son histoire à elle, Blanche Dubois, mère de famille nombreuse, correctrice en free-lance, écrivain en devenir – peut-être…

Combien de romans retracent les difficultés de celle qui poursuit un rêve mais n’a pas une minute à elle pour parvenir à le réaliser ? C’était de cela dont Blanche voulait parler. De la vraie vie. Avec ses petits bonheurs, ses banalités, ses rêves grandioses et ses obstacles bassement matériels. Ça ne rimait à rien d’aplanir toutes les difficultés devant Cerise. Quel intérêt y avait-il à écrire l’histoire d’un personnage à qui tout réussit ? Non, Cerise ne devait pas avoir la vie trop facile. Elle devait batailler un minimum, comme tout un chacun.

Pour commencer, puisqu’il s’agissait d’évoquer les difficultés d’une mère, il fallait lui inventer une famille. Nombreuse, de préférence, pour qu’elle prenne beaucoup de place et beaucoup de temps. Cinq enfants. Ou six peut-être. Un peu chahuteurs, pour bien faire. Ou plutôt non, de vraies petites pestes ! Ils auraient des noms improbables, comme Raisin, Kiwi ou Framboise, pour rester dans le thème. Ils seraient omniprésents et ne laisseraient aucun répit à leur mère. Le père s’appellerait Bigarreau. Il serait souvent absent pour rajouter à la charge de travail. Ou alors, il serait carrément parti, abandonnant à son sort une Cerise déprimée et débordée. Il y aurait une mère aussi, envahissante, limite tyrannique, et pas du tout aidante. Pas du tout une mamie-gâteau ni une présence réconfortante pour Cerise qui se sentirait bien seule au milieu de tout ce chaos.

Petit à petit, le tableau prenait forme et Blanche n’était pas mécontente de la tournure un peu plus dramatique que son récit prenait. « Pauvre Cerise, se dit-elle en souriant. Dire que je la voulais tout feu tout flamme, capable d’abattre des montagnes. Et la voilà accablée par les épreuves. Mais c’est la vie, ma pauvre Cerise ! Celle des vrais gens. Bienvenue au club ! »

Le téléphone se mit à sonner, faisant sursauter une Blanche toute absorbée par l’histoire qu’elle était en train de construire.

– Madame Dubois ? C’est Mademoiselle Rosalie, la maîtresse d’Azur. Je vous appelle parce que votre fils s’est fait mal en récréation. Je crois qu’il faudrait l’emmener faire des radios, pour être sûr qu’il n’y a rien de cassé. Est-ce que vous pouvez venir le chercher ?

– … Oui… Oui, bien sûr, répondit Blanche, hébétée. J’arrive tout de suite !

Dans sa précipitation, Blanche ne pensa même pas à demander d’explications à Mademoiselle Rosalie. Elle raccrocha machinalement, attrapa sa veste et son sac, et claqua la porte derrière elle, sans un regard pour la pauvre Cerise qui resta plantée là, à se demander ce qui se passait et pourquoi on l’abandonnait une fois de plus à son sort inachevé.

Azur !… se lamentait Blanche, au volant de sa voiture. Mais qu’est-ce qu’il s’était encore fait, celui-là ? Toujours à sauter partout ! Ce garçon finirait par se rompre le cou. Et la rendrait folle, par la même occasion !

Lorsque Blanche arriva à l’école, Azur l’attendait dans l’entrée avec la Directrice. Assis sur un banc, il balançait négligemment ses pieds qui ne touchaient pas le sol et tenait un sac de glaçons sur ses doigts bleus et enflés. Des larmes avaient séché sur ses joues, mais il lui adressa malgré tout un grand sourire quand il la vit entrer, et son petit cœur de mère se serra de tendresse et de fierté. Six ans à peine, et quel courage ! Azur était un aventurier qui n’avait peur de rien… Azur était un dur qui serrait les dents quand il avait mal… Azur était un tendre qui avait l’air ravi d’avoir sa maman pour lui tout seul alors que ses frères étaient tous les trois en classe…

Il fut intarissable pendant tout le trajet jusqu’à l’hôpital, puis pendant les deux heures qu’il leur fallut attendre dans la salle d’attente bondée du service des urgences. Ses doigts noircis ne semblaient pas le gêner plus que ça. Au contraire, il semblait enchanté de la balade !

La radio confirma qu’il n’y avait rien de sérieux.

– Plus de peur que de mal, conclut le médecin avec un grand sourire.

– Moi, j’ai pas eu peur, corrigea Azur d’un air de défi.

Ils purent reprendre la route pour rentrer à la maison, non sans faire un petit détour par le centre commercial où ils mangèrent un morceau, à la grande satisfaction d’Azur. De toute façon, vu l’heure qu’il était, Blanche était résignée : elle ne ferait plus rien ce jour-là. Autant profiter de ce petit moment avec son garnement dont la joie faisait plaisir à voir.

Blanche était en train de se garer devant la maison lorsque le bus de l’école apparut au coin de la rue. Ouf ! Juste à temps pour les récupérer, se dit-elle en coupant le moteur.

Elle ouvrit la porte d’entrée tout en saluant le chauffeur et la « dame du bus », et la joyeuse troupe s’engouffra dans le couloir en réclamant, qui son goûter, qui son câlin, qui son dessin animé.

En passant devant le bureau à la suite des enfants, Blanche se rendit compte que l’ordinateur était toujours allumé et se souvint qu’elle était partie en catastrophe ce matin-là, sans fermer son « petit essai ». Elle s’avança dans la pièce et agita légèrement la souris en soupirant. Elle savait bien que clore la session ne lui prendrait que quelques secondes et que ce n’était pas grand chose, mais certains soirs, les tâches les plus minimes lui semblaient vraiment pesantes.

L’écran se ralluma soudain et Blanche eut un mouvement de recul. Sous ses yeux, assise sur sa chaise de bureau habituelle, Cerise tournait à présent le dos à son écran et lui faisait face, les bras croisés, le regard noir.

Elle cliqua rapidement sur « Fermer », puis sur « Arrêt ». L’écran redevint noir et Blanche regagna la cuisine en se disant que décidément, elle manquait de sommeil.

*****

C’est pourtant de bonne heure qu’elle se leva, le matin suivant, pour habiller les garçons et leur beurrer quelques tartines avant de les accompagner jusqu’à la porte. Alban avait prévu de les emmener au foot avec lui. Ils y passeraient sans doute la matinée, ce qui laisserait un peu de temps à Blanche pour reprendre les choses en main et remettre son récit sur les rails.

Ce qu’elle avait cru voir la veille, en éteignant l’ordinateur, l’inquiétait malgré tout. Ça n’avait pas le moindre sens, elle le savait. Cerise était un personnage inventé de toutes pièces. Les personnages ne boudent pas ! C’était vraiment ridicule.

Elle s’installa comme à son habitude sur sa chaise de bureau, posa son café fumant à côté d’elle, et appuya sur le bouton « Marche »… La matinée était à elle. Cette fois, personne ne viendrait l’interrompre. Elle pourrait enfin avancer.

Lorsque l’écran fut allumé, elle double-cliqua sur l’icône « petit essai » et la page se déploya devant elle…

Mais Cerise n’était pas là !

Sa chaise habituelle était inoccupée. Son écran était toujours allumé, mais une page arrachée d’un carnet avait été collée dessus. Quelque chose y était griffonné. Blanche se pencha pour essayer de déchiffrer la minuscule écriture de son héroïne :

« Chère Blanche, lut-elle,

Je veux bien admettre que tu aies tout un tas d’obligations et très peu de temps à consacrer à un personnage de fiction tel que moi, mais j’en ai assez d’attendre comme une idiote que mon histoire décolle. Je pars donc à la recherche d’un écrivain moins débordé et plus ambitieux. Il me faut un auteur d’envergure, tu comprends ?

 Merci pour tout et bonne continuation.

 Cerise

P.S. : « Bigarreau » ?! Non mais t’es sérieuse, là ?! »

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(Crédit photo)

Une semaine en écriture #2

 

Profitant d’une petite plage de liberté dans son emploi du temps, Blanche décide de se lancer dans l’écriture du roman dont elle a toujours rêvé. Mais elle est très vite rattrapée par ses obligations de maman et se voit contrainte de laisser son projet en suspens pour le reste de la journée… (L’épisode précédent se trouve ici)

*****

Le lendemain matin, une fois la porte refermée derrière tous les hommes de la maison, Blanche alluma fébrilement l’ordinateur et s’empressa d’aller ouvrir le fichier « petit essai », comme pour voir ce qui s’y était passé en son absence. Elle s’attendait peut-être à ce que son personnage se soit amusé à poursuivre le récit pendant la nuit. Mais non. Elle fut presque étonnée de retrouver son héroïne là où elle l’avait laissée, sagement assise devant son écran, sirotant un café en attendant l’inspiration.

Elle s’installa aussi et se mit en devoir de lui inventer une vie : un prénom, une personnalité, une vie de famille, des occupations, des aspirations… Tout compte fait, les idées venaient assez facilement et les mots suivaient, dociles, sous les cliquetis produits par ses doigts.

Un message s’afficha alors au bas de l’écran. Elle avait ignoré les précédents, qui ne présentaient pas d’intérêt, mais celui-là, elle ne pouvait pas ne pas y jeter un coup d’œil : il provenait de ses plus fidèles clients. Impossible de les laisser en plan !

« Chère Blanche, nous avons absolument besoin du document ci-joint pour la conférence de jeudi. Pouvez-vous vous charger de sa correction de toute urgence de façon à ce que nous l’ayons ce soir ? »

Elle répondit sur le champ qu’elle s’en chargeait immédiatement, que ce serait prêt à temps, qu’il n’y avait aucun problème.

Aucun problème, non ! Si ce n’est que cette fois encore, elle avait été coupée net dans son élan littéraire !

Comme la veille, elle dut se résoudre à fermer son « petit essai ». Elle avait encore plein d’idées à mettre en ordre pour donner forme à son récit, mais tant pis. Tout cela devrait attendre le lendemain. Le texte à corriger était copieux. Elle en avait sans doute pour plusieurs heures de travail. Par chance, Alban rentrait plus tôt ce mardi : il pourrait s’occuper du repas.

*****

Le jour suivant était un mercredi : « mercredi, jour de bruit », comme disait sa mère, qui évitait toujours soigneusement ce jour-là pour lui rendre visite. Et pour cause : les enfants étaient à la maison toute l’après-midi et pour peu qu’ils ne puissent pas sortir jouer dans le jardin, ils étaient souvent déchaînés.

La matinée commença plutôt bien. Elle put travailler à son personnage un petit moment avant de devoir tout abandonner une fois de plus pour s’acquitter d’une nouvelle commande urgente, à faire pour midi. C’était une toute petite commande d’à peine trois pages, mais midi fut bien vite là, et le bus ne tarda pas à s’arrêter devant la porte.

Il fallut s’occuper de faire manger tout ce petit monde, couper la viande en petits morceaux, négocier la quantité de brocolis, régler plusieurs incidents diplomatiques, essuyer des larmes et moucher quelques nez, élever la voix pour qu’on arrête de se chamailler…

Lorsque tous ces petits ventres rassasiés furent repartis vers de nouvelles aventures, Blanche dut se faire violence pour s’arracher à sa chaise et débarrasser la table. Elle se prépara un café en espérant que ça allait la réveiller et se dirigea vers le bureau. Mais le petit Romarin la rattrapa en criant :

– Oooh non, maman, auzoud’hui, tu t’availles pas ! Tu viens zouer avec nous !

Le bambin se mit à la tirer aussi fort que le lui permettaient ses petites mains potelées. Comment résister à un si tendre assaut ? Blanche renonça à lutter et se laissa envahir par cette douce sensation de fatigue qui l’enveloppait toujours après le déjeuner. Elle alla se blottir dans le canapé, au milieu de ses fils, et décida d’oublier pendant quelques heures l’ordinateur qui l’attendait dans le bureau, les demandes peut-être pressantes des clients dans la messagerie, et même le « petit essai ». Elle se dit qu’après tout, elle méritait bien un peu de détente, elle qui enchaînait tous les jours une triple journée, et elle profita sans scrupule des cajoleries de sa petite tribu qui sautillait et chahutait joyeusement autour d’elle.

Lorsqu’Alban rentra, à la nuit tombante, il les trouva tous les cinq emmêlés dans le canapé, collés les uns aux autres. Blanche avait un livre ouvert sur les genoux et les garçons, silencieux et attentifs autour d’elle, l’écoutaient. Devant ce spectacle, il décrocha sans hésiter son téléphone pour commander des pizzas et alla se fondre au milieu d’eux, entre Olivier et Azur.

*****

Le jeudi matin, ce fut une Blanche toute fraîche et bien reposée qui s’installa devant son écran pour y retrouver son héroïne, tout aussi pimpante devant le sien. Elle avait décidé de l’appeler Cerise et s’était efforcée de la rendre aussi pétillante que possible. Impatiente, débordant d’énergie, libre comme l’air, Cerise était tout ce que Blanche n’était pas et semblait avoir un sacré caractère.

De fil en aiguille, le récit de Blanche avait évolué autrement que ce qu’elle avait prévu en créant son « petit essai ». Elle avait d’abord pensé partir de son quotidien, de sa vie, de ce qui lui était familier, convaincue qu’elle était de ne rien savoir faire d’autre. Puis elle s’était progressivement affranchie de cette idée, un peu comme un apprenti nageur s’éloigne petit à petit du bord rassurant du bassin pour se risquer plus loin.

Cerise était Cerise. Cerise n’était pas Blanche. Cerise n’avait pas à être comme Blanche. Pourquoi se limiter alors que tout était possible ? Pourquoi reproduire la platitude quand tout pouvait être en relief ? Blanche avait fini par comprendre que dans ce fichier vide qu’elle avait créé, elle n’avait de contraintes que celles qu’elle s’imposait. Alors, une fenêtre s’était ouverte sur des millions de possibilités nouvelles que Blanche s’était mise à explorer.

Si, comme Blanche, Cerise avait mis du temps avant de se pencher sur son désir d’écriture, rien n’obligeait en revanche à ce que ce soit pour les mêmes raisons. Peut-être Cerise avait-elle eu auparavant une vie trépidante ne laissant que peu de place pour l’introspection. Peut-être avait-elle été championne olympique, n’ayant pas une minute à elle en dehors des entraînements ? Ou bien aventurière, parcourant le monde, luttant pour survivre et dormant à la belle étoile ? Ou alors elle avait été un grand reporter qui traînait sa valise sur les tarmacs d’ici ou d’ailleurs, toujours pressée entre deux interviews ?

Blanche, toute coincée qu’elle était dans ses obligations quotidiennes, manquait d’inspiration et peinait à trouver des idées originales. Mais Cerise, elle, pouvait très bien avoir une imagination débordante, et noircir des pages et des pages de récits tous plus fantasques les uns que les autres. Blanche ne connaissait personne dans le métier qui aurait pu lui donner un petit coup de pouce, mais Cerise pouvait parfaitement avoir un carnet d’adresses bien rempli au moment de trouver un éditeur. Elle pouvait publier un roman à succès, être de tous les salons, sur tous les plateaux, et même remporter un prix littéraire ! Ce dont Blanche ne rêvait même pas pour elle.

Pour Cerise, tout était possible. Il ne tenait qu’à Blanche de la doter du talent qu’elle-même aurait souhaité avoir. Ou bien de lui fournir un compte en banque bien garni, ou encore de lui faire croiser des personnes influentes. En quelques phrases bien tournées, Cerise pouvait être nantie et débarrassée de tout souci matériel ou voir s’ouvrir devant elle toutes les portes. La vie rêvée de Cerise, personnage de fiction, n’avait pas à s’encombrer des contraintes de la réalité.

Un peu désemparée par toute cette liberté d’action qu’elle venait de se découvrir, Blanche entreprit de récapituler dans un premier temps ce qu’elle avait fait afin de déterminer la suite. C’était bien beau de pouvoir absolument tout faire, mais elle ne pouvait quand même pas partir dans tous les sens. Il fallait une structure, une trame, un but à atteindre.

Elle avait un personnage, Cerise, qui décidait un beau jour de se lancer dans l’écriture. Bien ! Et après ?

Pourquoi Cerise avait-elle décidé d’écrire à ce moment-là et pas avant ? Qu’est-ce qui l’en avait empêchée ? Un blocage psychologique ? Un job trop prenant ? Un mariage avec un pervers narcissique qui l’aurait écrasée ? Comment s’en était-elle sortie ? Quel chemin avait-elle parcouru avant d’en arriver à ce « petit essai » d’écriture ?

Et quel genre d’œuvre allait-elle écrire ? Un roman ? Un recueil de nouvelles ? De la poésie, peut-être ? Sur quel thème ? De quoi allait-elle parler ? Il fallait du contenu. Il fallait creuser et approfondir.

Et puis il faudrait aussi une intrigue, des obstacles, des rebondissements. Il faudrait donner de la consistance, du corps à son récit.

Pianotant à toute vitesse, Blanche notait tout ce qui lui venait à l’esprit à la fin du document. Elle notait toutes les questions comme elles arrivaient ainsi que des pistes pour y répondre, dessinant petit à petit, noir sur blanc, l’histoire de Cerise en bribes désordonnées. Elle y mettrait de l’ordre plus tard. Elle ferait le tri pour ne garder que le meilleur. De toute façon, elle avait toute la journée devant elle. Les enfants étaient à l’école jusqu’à quatre heures, Alban ne rentrerait du bureau qu’à six heures, et ceux de ses clients susceptibles de réclamer ses services en urgence étaient en conférence à l’autre bout du monde pour le reste de la semaine. Elle était donc libre d’écrire, d’effacer, de réécrire, d’effacer à nouveau…

Ding dong ! fit alors la porte d’entrée, la stoppant net dans sa frénésie rédactionnelle.

– Chérie, il faut absôôôlument que tu m’emmènes faire les magasins ! annonça sa mère en s’engouffrant dans le vestibule alors qu’elle ouvrait la porte.

– Mais maman… commença Blanche, surprise.

– Eh bien, quoi ? répondit la mère. Ne me dis pas que tu as du travail. L’autre jour, tu disais que cette semaine serait calme, que tes clients les plus importants seraient en séminaire ou je ne sais quoi… Tu es libre, n’est-ce pas ?

– C’est vrai, maman, mais j’aurais très bien pu être occupée. Je t’ai déjà dit de ne pas compter sur moi la semaine. Ce n’est pas parce que je suis à la maison que je suis disponible ! Je travaille, tu sais ! Et puis, c’est le samedi qu’on va faire les courses, d’habitude. Pourquoi veux-tu y aller maintenant ?

– Ma cousine Violette m’a invitée chez elle pour le week-end. Elle habite en bord de mer maintenant, tu le savais ? Je pars demain par le premier train et j’ai besoin de deux ou trois bricoles pour boucler mes bagages… Tu veux bien m’emmener, chérie ? Tu ne laisserais quand même pas ta vieille mère traîner dans les bus avec ce froid ?!

– Mais non, bien sûr, soupira Blanche la conciliante en enfilant ses bottes et son imperméable, les clés déjà à la main…

(à suivre)

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(Crédit photo)

Une semaine en écriture

Ci-après le premier épisode d’un récit sans grande prétention qui dort dans mes fichiers depuis fort, fort longtemps. Un texte que j’ai commencé un beau jour sans trop savoir où j’allais – exactement comme Blanche, mon personnage, qui se débat avec son désir d’écriture – et que je me suis amusée à compléter par bribes, entre de grandes périodes de latence (c’est sans doute ce qui explique la différence de style entre le début et la fin). Bref, tout ça est très expérimental et pas vraiment neuf, mais après tout, pourquoi ne pas le partager ici ? Vous me direz ce que vous en pensez…

*****

Cette fois, c’était décidé : elle se lançait. Ce désir d’écriture la taraudait depuis trop longtemps. Il fallait qu’elle essaye. Elle en avait assez de corriger les phrases des autres, de peaufiner leurs textes dans l’ombre. Elle voulait, comme eux, tenir entre ses mains le fruit de son travail en format de poche, avec son nom en grand sur la couverture : Blanche Dubois, en lettres d’argent… Après tout, se disait-elle, beaucoup de gens étaient publiés de nos jours qui étaient loin d’avoir l’étoffe d’un Hugo ou d’un Zola. Pourquoi ne tenterait-elle pas sa chance, elle aussi, comme tant d’autres ?

Elle alluma l’ordinateur, se pelotonna sur sa chaise de bureau et se mit à mélanger distraitement le café brûlant qu’elle venait de se servir, comme pour s’encourager. Qu’allait-elle écrire ? Elle n’en avait encore aucune idée. Plusieurs ébauches d’histoires lui trottaient dans la tête, mais elle n’avait encore jamais pris le temps de les développer jusqu’au bout. D’ailleurs, elle n’avait encore jamais osé dire à personne qu’elle avait des ambitions littéraires.

Elle posa sa tasse à côté du clavier et en quelques clics, comme elle le faisait tous les jours pour ses clients, elle créa un nouveau fichier qu’elle baptisa timidement « petit essai ». La page blanche s’ouvrit devant elle. La fameuse page blanche… C’était bien la première fois qu’elle s’autorisait à avoir devant elle une page dont elle était la maîtresse absolue. Elle pouvait y mettre tout ce qu’elle voulait, sans restriction. C’était SA page. Son espace à elle. Elle se demanda si ce serait pour elle source d’angoisse ou de joie, puis s’empressa de chasser cette idée de sa tête : pour le moment, elle ne voulait pas se poser de questions. Il fallait foncer tant qu’elle était gonflée à bloc et qu’elle avait un peu de temps libre entre deux commandes. Il fallait écrire. Écrire n’importe quoi. Balancer sur cette page tout ce qui lui passait par la tête. On verrait plus tard…

Elle effleura rapidement les touches du clavier tandis qu’une première phrase s’affichait à l’écran :

Cette fois, c’est décidé : je me lance.

Blanche avait toujours eu l’impression que le talent était une chose qui vous tombait dessus malgré vous ; une force qui devait forcément bouillonner en vous, vous dévorer de l’intérieur au point que pour trouver le repos, vous deviez vous résoudre à la projeter hors de vous-même, d’une façon ou d’une autre. Elle avait vaguement pensé que, peut-être, une œuvre monumentale sommeillait en elle, attendant patiemment son heure ; qu’il suffirait de lui ouvrir la voie pour qu’elle jaillisse brusquement et vienne se déverser toute seule sur son clavier… Mais elle se rendait compte à présent, face à cette page vierge, que les choses n’étaient pas si faciles. Que l’on ne se mettait pas à écrire un roman fleuve du jour au lendemain, sans s’y être jamais préparé. Qu’il lui faudrait travailler.

Elle décida qu’il serait sage de commencer par quelque chose de simple. Un petit récit sans prétention qui lui permettrait de mettre ses idées en place. Après tout, Rome ne s’était pas bâtie en un jour. Pourquoi ne pas raconter tout simplement les petites choses de son quotidien ? Ses journées passées dans la solitude et la concentration. Son emploi du temps minuté. Ses soirées effrénées. L’effervescence de sa petite tribu…

C’était tout bête. Elle n’aurait aucun mal à décrire ce qu’elle vivait tous les jours. Elle se mit à pianoter rapidement sur les touches du clavier tandis que les phrases noircissaient peu à peu l’écran. Finalement, c’était facile : il suffisait d’ouvrir la voie…

– Maman ? dit une voix dans l’encadrement de la porte.

– Mmm…

– Maman ? Tu peux m’aider ?

Pierre… Elle avait presque oublié qu’il n’avait pas cours, ce lundi. Elle leva les yeux vers lui et demanda :

– À quoi faire ?

– J’ai une étude de texte à faire, tu peux m’aider ?

– Mais… Tu es sûr que tu ne peux pas la faire tout seul ?

– Ben, avec toi, tu vois, ça ira plus vite. S’te-plaît, m’man ! J’ai encore plein d’autres trucs à faire pour demain !

Elle jeta un rapide coup d’œil sur l’heure affichée au bas de l’écran et accepta en soupirant tandis qu’il étalait déjà ses affaires à côté d’elle.

Elle trouvait qu’il aurait quand même pu se donner la peine de faire ce travail tout seul plutôt que de se reposer sur elle, mais bon. Refuser, c’était risquer qu’il ne rende encore un devoir bâclé, et ses résultats laissaient déjà suffisamment à désirer.

Ensemble, ils passèrent plus d’une heure à travailler sur la nouvelle : biographie de l’auteur, psychologie du personnage, champ lexical, tout y passa.

Lorsque Blanche envoya Pierre mettre son travail au propre, elle se rendit compte qu’il était déjà quatre heures : le bus scolaire n’allait pas tarder à arriver, avec à son bord Olivier, Azur et Romarin… Elle soupira. Adieu, calme et tranquillité ! L’heure du bruit allait bientôt sonner. Et la soirée allait s’amorcer avec ses multiples tâches à enchaîner.

Elle se résolut à éteindre l’ordinateur, déçue de n’avoir pu travailler plus longuement sur son récit et bien décidée à lui consacrer toute sa journée du lendemain. Tant pis, elle ne prendrait pas de nouvelle mission pendant quelques jours.

Elle se dirigea vers la cuisine pour préparer le goûter des petits monstres et entendit bientôt les pneus crisser devant la maison. C’était parti pour le marathon quotidien qui était le sien, à la tête de tout son petit monde : goûter, devoirs, douches, préparation du repas, des pique-nique, des vêtements, mais aussi distribution expresse de câlins, négociations diplomatiques, prises de paroles despotiques…

Il était très tard lorsqu’Alban, son mari, rentra finalement de sa réunion de travail et la trouva endormie sur le canapé, son tablier encore autour de la taille.

*****

Le lendemain matin, une fois la porte refermée derrière tous les hommes de la maison, Blanche alluma fébrilement l’ordinateur et s’empressa d’aller ouvrir le fichier « petit essai », comme pour voir ce qui s’y était passé en son absence. Elle s’attendait peut-être à ce que son personnage se soit amusé à poursuivre le récit pendant la nuit. Mais non. Elle fut presque étonnée de retrouver son héroïne là où elle l’avait laissée, sagement assise devant son écran, sirotant un café en attendant l’inspiration… (à suivre)

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(Crédit photo)

Je suis là

 

On croit souvent à tort qu’il faut de longs discours

Osés la larme à l’œil et la voix frémissante

Pour se vider le cœur de ce qui le tourmente,

Et clamer fort et clair l’éclat de notre amour.

 

On croit qu’il faut des mots et des déclarations

Pour aller chercher l’autre dans sa solitude,

Le prier à genoux de changer d’attitude

Avec maints arguments et force explications.

 

Or il aura suffit d’une étreinte impromptue

Et de quelques « je sais » dits à bâton rompu

Pour que se brise enfin ta prison de souffrance.

 

Tu n’avais pas besoin d’aveux de cinéma ;

Il ne fallait qu’un geste au milieu du silence,

Une main sur ton bras qui souffle « je suis là ».

 

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Un modeste sonnet qui m’a réveillée un beau matin, allez savoir pourquoi…

Il comporte encore quelques petites irrégularités/maladresses que j’aimerais corriger, notamment au deuxième quatrain et au premier tercet (impromptue/rompu), mais comme ce sont précisément les vers sur lesquels j’étais partie, j’ai beaucoup de mal à m’en défaire.

Je vous le livre tel quel, en attendant. Si vous avez des suggestions pour l’améliorer, n’hésitez pas !

Le temps, les rides et les doutes

Rondeau*…

 

M’aimeras-tu après-demain,

Quand nous s’rons au bout du chemin,

Nos deux corps perclus par l’arthrose,

Nos vieux cœurs couverts d’ecchymoses,

Nos peaux usées couleur chagrin ?

 

Lent, le temps grave nos matins

Dans ses replis de parchemin,

Peu à peu nous métamorphose ;

M’aimeras-tu ?

 

Les petits riens, le quotidien,

La vie s’en va mine de rien ;

Nous perdons notre teint de rose

Et nous n’y pouvons pas grand-chose.

Quelquefois, le doute m’étreint :

M’aimeras-tu ?

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(Crédit photo)

 

Après le triolet et le rondel, j’ai eu envie d’essayer le « rondeau classique » après avoir lu celui que nous a proposé Estelle, dans son Atelier sous les feuilles.

Les puristes me pardonneront les petites irrégularités dans les rimes : je suis encore novice en la matière 🙂

N’hésitez pas à commenter…

Instantanés singuliers #3

Décidément, je suis encore en retard pour le rendez-vous des Instantanés singuliers instauré par Marie.

Les deux thèmes proposés n’étaient pas évidents, je trouve. Le premier, fiasco en cuisine, parce qu’il est assez rare qu’on pense à immortaliser nos catastrophes culinaires – on photographie plutôt nos chefs d’œuvre, hein ! Le deuxième, sourire(s), parce que je photographie assez peu les gens et que quand je le fais, je ne diffuse pas les photos ici – mes ados me tueraient !

Mais j’ai fini par trouver une photo qui, à défaut d’être poétique, convenait pour les deux thèmes…

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Réalisé sans trucages 😉

 

 

Nos rêves d’encre

 

On a tous des rêves dans la tête,

De jolies palettes de couleurs,

Qui font que la vie reste chouette

Malgré la peine et la laideur.

 

Marie en a plein ses carnets,

Tracés à l’encre bleu de Chine,

Débuts de roman et sonnets

Qu’elle écrit presque en clandestine.

 

Parfois, elle les montre à Sasha,

Quand elles sont deux dessous le ciel ;

Elles en discutent à petits pas

En attendant Emmanuel

 

C’est ma participation in extremis et très peu inspirée (!) au défi À vos claviers, proposé par Estelle, de l’Atelier sous les feuilles. La contrainte de ce numéro 3 était d’utiliser les mots dessous, carnetspalette, bleu, Marie, Emmanuel et Sasha.

J’avoue que la contrainte des prénoms m’a un petit peu bloquée. J’ai eu du mal à trouver une idée !

Tanka de circonstances

 

Les yeux sur l’écran

Cliquetis sur le clavier

Mes doigts caracolent

 

J’envie la course du vent

Mais faut bien gagner sa croûte

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Un modeste tanka pour vous dire que je risque d’être peu présente ces prochains jours, car le devoir m’appelle… Il faut bien gagner sa croûte, n’est-ce pas ?

En même temps, je ne suis pas à plaindre : j’adore ce que je fais !

Le tanka, c’est un peu le grand frère du haïku. Comme lui, il présente trois premiers vers de 5-7-5 syllabes, plus deux autres vers de 7 syllabes chacun. Pas de rimes, pas de ponctuation. Une forme très simple à laquelle tout le monde peut s’essayer !

Tiens… Et si vous mettais au défi de composer des tankas ?! Disons… sur le thème de l’hiver et/ou du travail. Ça vous dit ?!

Alors à vos plumes !!! J’ai hâte de vous lire !

Petits poèmes en quête de votes

 

Me revoilà avec trois poèmes en compétition pour le Grand Prix du Court du site Short édition ! Ce sont des textes sans surprise pour vous qui me lisez puisque je les avais déjà publiés ici en attendant la réponse du comité éditorial, mais si vous avez envie de leur donner un petit coup de pouce et de leur faire gagner quelques places dans le classement du Prix, c’est par là :

Là où tu n’es plus – 169 voix actuellement, 112ème place.

C’est mon premier sonnet, composé à la mémoire de mon grand-père. J’y évoque la difficulté de faire son deuil quand on est loin et qu’on ne vit pas l’absence au quotidien – par une vue de l’esprit en quelque sorte.

Entre deux rives – 173 voix actuellement, 104ème place.

C’est un rondel, pour ceux qui ont suivi mes explorations poétiques. À l’origine, ce texte a d’abord été un essai de haïku non publié, puis un court poème très très privé pour mon mari – non publié non plus – avant de devenir un triolet ici… Comme le rondel est légèrement plus long, il m’a permis de développer un peu par rapport au triolet, qui était purement descriptif, et le thème de l’émigration s’est forcément imposé car, quand on a ce paysage sous les yeux en permanence, cette côte espagnole si nette à l’horizon alors que partout dans la ville, on voit des migrants d’Afrique subsaharienne survivre comme ils le peuvent en attendant de pouvoir traverser ce bras de mer de 14 km, on ne peut pas s’empêcher d’y penser…

Pendant ce temps, à Bethléem – 154 voix actuellement, 131ème place.

C’est un court poème en octosyllabes dans lequel j’exprime mon ressenti par rapport à une actualité navrante. Certains lecteurs comprennent tout de suite de quoi il s’agit, d’autres passent à côté… Et vous ?

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Merci d’avance pour vos votes et/ou vos commentaires. C’est grâce à vous que je progresse 🙂

Instantanés singuliers #2

Un deuxième rendez-vous des Instantanés singuliers qui arrive en plein préparatifs de départ, en pleine période de fêtes, de retrouvailles, de pause savourée, loin de mon outil de travail que j’ai pris soin de garder éteint pendant ces deux semaines, une fois n’est pas coutume. Je sais que tu ne m’en voudras pas Marie.

Un choix difficile à faire parmi une multitude de clichés pris au gré de mes balades, au bord de la Méditerranée ou de l’Atlantique, selon l’humeur du jour 😉

Et finalement, ce sera celui-ci : entre ciel et mer, un point de vue unique où les Tangérois aiment venir se prendre en photo après une petite promenade en forêt…

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