Tanka de circonstances

 

Les yeux sur l’écran

Cliquetis sur le clavier

Mes doigts caracolent

 

J’envie la course du vent

Mais faut bien gagner sa croûte

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Un modeste tanka pour vous dire que je risque d’être peu présente ces prochains jours, car le devoir m’appelle… Il faut bien gagner sa croûte, n’est-ce pas ?

En même temps, je ne suis pas à plaindre : j’adore ce que je fais !

Le tanka, c’est un peu le grand frère du haïku. Comme lui, il présente trois premiers vers de 5-7-5 syllabes, plus deux autres vers de 7 syllabes chacun. Pas de rimes, pas de ponctuation. Une forme très simple à laquelle tout le monde peut s’essayer !

Tiens… Et si vous mettais au défi de composer des tankas ?! Disons… sur le thème de l’hiver et/ou du travail. Ça vous dit ?!

Alors à vos plumes !!! J’ai hâte de vous lire !

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Petits poèmes en quête de votes

 

Me revoilà avec trois poèmes en compétition pour le Grand Prix du Court du site Short édition ! Ce sont des textes sans surprise pour vous qui me lisez puisque je les avais déjà publiés ici en attendant la réponse du comité éditorial, mais si vous avez envie de leur donner un petit coup de pouce et de leur faire gagner quelques places dans le classement du Prix, c’est par là :

Là où tu n’es plus – 169 voix actuellement, 112ème place.

C’est mon premier sonnet, composé à la mémoire de mon grand-père. J’y évoque la difficulté de faire son deuil quand on est loin et qu’on ne vit pas l’absence au quotidien – par une vue de l’esprit en quelque sorte.

Entre deux rives – 173 voix actuellement, 104ème place.

C’est un rondel, pour ceux qui ont suivi mes explorations poétiques. À l’origine, ce texte a d’abord été un essai de haïku non publié, puis un court poème très très privé pour mon mari – non publié non plus – avant de devenir un triolet ici… Comme le rondel est légèrement plus long, il m’a permis de développer un peu par rapport au triolet, qui était purement descriptif, et le thème de l’émigration s’est forcément imposé car, quand on a ce paysage sous les yeux en permanence, cette côte espagnole si nette à l’horizon alors que partout dans la ville, on voit des migrants d’Afrique subsaharienne survivre comme ils le peuvent en attendant de pouvoir traverser ce bras de mer de 14 km, on ne peut pas s’empêcher d’y penser…

Pendant ce temps, à Bethléem – 154 voix actuellement, 131ème place.

C’est un court poème en octosyllabes dans lequel j’exprime mon ressenti par rapport à une actualité navrante. Certains lecteurs comprennent tout de suite de quoi il s’agit, d’autres passent à côté… Et vous ?

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Merci d’avance pour vos votes et/ou vos commentaires. C’est grâce à vous que je progresse 🙂

Instantanés singuliers #2

Un deuxième rendez-vous des Instantanés singuliers qui arrive en plein préparatifs de départ, en pleine période de fêtes, de retrouvailles, de pause savourée, loin de mon outil de travail que j’ai pris soin de garder éteint pendant ces deux semaines, une fois n’est pas coutume. Je sais que tu ne m’en voudras pas Marie.

Un choix difficile à faire parmi une multitude de clichés pris au gré de mes balades, au bord de la Méditerranée ou de l’Atlantique, selon l’humeur du jour 😉

Et finalement, ce sera celui-ci : entre ciel et mer, un point de vue unique où les Tangérois aiment venir se prendre en photo après une petite promenade en forêt…

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Le temps rafistoleur

 

Dans l’atelier du temps qui passe,

On rafistole, on rabiboche ;

On raccommode sans relâche

Les destinées qui s’effilochent.

 

Les vies abimées, en haillons,

Viennent s’y faire ravauder ;

Les existences élimées

Viennent s’y faire repriser.

 

Patiemment, de fil en aiguille,

On recoud c’qui est déchiré,

On ourle c’qui est effilé ;

Les cœurs troués sont rapiécés.

 

Petit à petit, on remmaille

Les liens usés jusqu’à la corde,

Et les âmes sœurs en bisbille

Finissent rapapillotées.

 

Dans l’atelier du temps qui passe,

On suit la ronde des saisons,

Tout doucement, sans se presser ;

On sait qu’on peut tout arranger.

 

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(Crédit photo, Cohdra)

C’est ma participation au défi À vos claviers, proposé par Estelle, de l’Atelier sous les feuilles. La contrainte de ce numéro 2 était d’utiliser les mots (se) rapapilloter, atelier et fil.

Attention, danger !

 

Mes souvenirs sont explosifs,
Surtout n’allumez pas la mèche !
Promettez-moi d’être attentifs,
Mes souvenirs sont explosifs.

Le noir s’abattrait, décisif,
Sur votre envie, pauvre flammèche ;
Mes souvenirs sont explosifs,
Surtout n’allumez pas la mèche !

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Je n’ai pas pu résister ! D’abord, je les ai vus chez Estelle, alors que je découvrais tout juste son blog. Puis, je les vus chez Marie… Cinq mots, un thème  : pourquoi pas moi  ?

C’est donc ma première participation aux Impromptus littéraires, sur le thème « Allumer » – la consigne était d’utiliser les cinq mots suivants  : souvenirs, allumer, envie, noir, promettre.

La ronde des femmes du monde

 

C’est la ronde

Des femmes du monde,

Depuis la nuit des temps,

Depuis que le monde est monde ;

 

La ronde de la vie,

Écarlate,

Qui coule et qui s’écoule ;

 

De la vie qui se donne,

Tenace,

De mère en fille,

De mère en femme,

Malgré le sang versé

Par la folie des hommes.

 

C’est la danse des ventres

Ronds

De celles qui ont la chance

D’accueillir en leur chair

L’avenir de la terre ;

De celles qui portent en elles

L’humanité entière.

 

C’est la ronde des femmes du monde…

 

Sur la pointe des pieds,

Tu y entres, ma fille,

Quand j’en sors.

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Crédit photo (Duttasum)

Pendant ce temps, à Bethléem

 

Le monde allume ses guirlandes,

Paix sur la terre comme au ciel ;

Bientôt la grand’ messe marchande,

La course aux achats de Noël.

 

Paix sur la terre et sur nos ondes,

Les beaux sentiments sont partout :

Présentés par des poupées blondes,

Applaudis par l’oncle Picsou.

 

C’est lui pourtant, sur un coup d’tête,

Qui a réveillé le Golem !

Résonnez hauts-bois et musettes,

Un enfant pleure à Bethléem.

 

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Aux quatre vents

 

À l’encre de la nuit, sa plume pour bagage,

L’apprenti rimailleur s’en va aux quatre vents

Semer quelques quatrains et des rêves d’enfant

Qui luisent en séchant sur le grain de la page.

 

Vous les voyez matin en gouttes de rosée,

S’accrochant en riant aux rayons du soleil,

Scintillant au velours de pétales vermeils

Et sur le fil léger des toiles d’araignée.

 

Perles de poésie ou seulement paillettes,

Le rimailleur les offre à qui sait percevoir

Le chant discret des fleurs et le parfum du soir,

Et poursuit son chemin des astres plein la tête.

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Entre deux rives

 

Rondel…

 

À l’heure où le jour naît bleu or

La ville aux deux mers dort tranquille

Dans la kasbah blanche immobile

Suspendue au dessus du port

 

Alors la lumière est trésor

Sur l’horizon encor fragile

À l’heure où le jour naît bleu or

La ville aux deux mers dort tranquille

 

Au loin l’Europe aux miradors

Nargue une Afrique qui s’exile

Après une nuit difficile

La marée ramène les corps

À l’heure où le jour naît bleu or

 

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*****

Un nouveau rondel (si vous avez manqué le précédent, c’est ici), composé à partir du triolet pour un petit matin. On retrouve le même « refrain » que dans le triolet, mais comme le rondel est plus long (treize vers au lieu de huit), il permet de développer un petit peu.

Qu’en pensez-vous ?

Ce poème est également en cours d’évaluation sur SE. Je vous tiens au courant…

Mon premier sonnet !

 

Là où tu n’es plus…

 

Longtemps il m’a fallu un effort de mémoire

Pour ne plus m’égarer là où tu ne vis plus,

Et gagner aussitôt le nouveau territoire

Où tu dors désormais dans le calme absolu.

 

Ma pensée vagabonde avait pour habitude

De te rejoindre là où coulaient tes vieux jours,

En ce lieu habité de tant de solitudes

Où le temps était long et ton corps bien trop lourd.

 

J’ai dû très doucement, par-delà la distance,

D’une vue de l’esprit, apprivoiser l’absence,

En butant sur ta tombe à chaque souvenir.

 

Plus tard je parviendrai, tout au bout de la peine,

À revoir sans pleurer nos glaces italiennes ;

Dans l’écrin de mon cœur, ton passé – l’avenir.

 

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Je ne m’en croyais pas capable et finalement, le voilà : mon premier sonnet, avec tout ce qu’il faut là il faut – du moins, je le crois !

Pour le moment, il est en cours d’évaluation par le comité éditorial de Short édition. Je vous ferai signe s’il est qualifié pour le Grand Prix du Court.

Et en attendant, n’hésitez pas à me donner votre avis…